Yannis Youlountas

Philosophe ou poète ? Humain tout simplement ! L'existence est muette et l'étiquette ment.


Yannis Youlountas

  • 5 mai 2012 : J-1

    Un petit karaoke très spécial pour lui dire adieu en chanson :

    A reprendre dans les chaumières, avec un bon verre de rouge ! De toute façon, vous ne chanterez certainement pas plus faux que nous

    http://sinemensuel.com

    Celui qui chante le plus faux se trouve à côté de Benoit Delepine du Groland (au fond à gauche). Etienne Liebig (hors champ) donne le la devant tout le monde (tâche presque impossible !). Siné est le baryton de service ! Jiho, le basson (au fond au centre) ... On s’est tous bien marré, ce jour-là !

    3 mai 2012 : SITUATION EN GRÈCE ET PRÉSENTATION DE PAROLES DE MURS ATHÉNIENS AU COMPTOIR DE L’INFO (TLT)

    avec Greg Lamazères et Jean-Marc Lucas

    30 avril 2012 : NOUVELLE PROFANATION D’UN CIMETIÈRE MUSULMAN

    Croix gammées, "Vive Le Pen" et "Arabes dehors" parmi les inscriptions

    28 avril 2012 : LARGE CENSURÉ SUR FACEBOOK !

    DE JIHO :

    Les autres réactions (textes et dessins) de Siné-Mensuel après le premier tour :

    http://www.sinemensuel.com

    28 avril 2012 : VOILÀ QU’ON ME DEMANDE DE RETOURNER DANS MON PAYS D’ORIGINE (insultes par téléphone et commentaires virulents sur plusieurs blogs de mes amis) :

    Lire ici le texte en cause et les commentaires sur le blog de Jiho

    LE CAUCHEMAR DE PHILIPPE KATERINE :

    27 avril 2012 : SERA-T-IL CONDAMNÉ UN JOUR ?


    Le 6 mai, NO PASARAN par PlaceauPeuple

    26 avril 2012 : GUIGNOL DANS SES OEUVRES

    « J’ai pas dit "le vrai travail" ! »


    NS1 par LNO

    « Avec Nathalie KM, nous sommes allés à Fukushima »


    NS2 par LNO

    Quand Nicolas Sarkozy salue des spectateurs qui n’existent pas


    NS3 par LNO

    22 avril 2012 : SOIR DE PEN, DIX ANS APRÈS

    Nausée et stupéfaction. Ce soir, dans mon tout petit village de la Montagne Noire, je me demande qui a pu apporter un soutien aussi massif à l’héritière Le Pen. Alors que le père avait toujours oscillé entre 3 et 12 voix pour 280 habitants, voilà que son écoeurante progéniture a brusquement atteint le score absolument incompréhensible de 33 voix sur 170 votants. Mais qui sont-ils ces 33 obscurs voisins à l’apparence tranquille et bucolique ? Comment en sommes-nous arrivés là, dans un minuscule village où la seule famille maghrébine est d’une gentillesse irréprochable à l’égard de tous ? A 300 km d’ici, dans ma ville natale, pourtant profondément de gauche et administrée généreusement par des maires communistes depuis un demi-siècle, la candidate d’extrême droite est carrément arrivée en tête : Martigues est brutalement passée du rouge au brun ! Stupeur là aussi. Partout en France, Sarkozy, Guéant et Hortefeux ont nourri, élevé et dressé la bête immonde, jour après jour, comme les ténors du capital allemand durant la crise de 1929. Nous sommes en plein cauchemar. De même en Grèce, ma terre d’origine, où plusieurs partis d’extrême-droite sont en train de profiter des circonstances particulièrement dramatiques du pays pour s’installer dans le paysage politique et se gonfler d’intentions de vote excitées par le sang à quinze jours du scrutin, comme des sangsues voraces et répugnantes.

    Sur un plateau télévisé français, à l’instant où j’écris ces lignes, tous les politiciens réunis ne trouvent rien de mieux à faire que de courtiser l’électorat du FN en le plaignant longuement et en lui adressant leur sympathie fraternelle. La France qui vote Le Pen est devenue dans leur bouche "la France qui souffre". L’expression est reprise à tout bout de champ, de Ségolène Royal à Jean-François Copé, non sans jouer des coudes pour être bien audible et parfaitement en face de la caméra dans les caresses verbales et les mimiques à son encontre. Berk ! Paroles fétides de trous du cul qui règnent encore sur des Français décidément plus manipulés que jamais.

    Non, la France qui vote Le Pen n’est pas la France qui souffre. C’est la France qui pue, non pas la sueur, mais le sang. C’est la France mortifère qui a toujours adoré l’autorité arbitraire et les ordres vociférés. C’est celle qui a besoin d’obéir à un maître pour pouvoir se délecter de la barbarie dite civilisée qui s’étend de jour en jour. Cette France-là attend patiemment comme un pitt-bul prêt à être lâché sur les boucs-émissaires que désignera le maître. Cette France-là n’est pas celle qui souffre, c’est celle qui attend le droit de faire souffrir. Cette France-là, c’est la sous-France : celle qui attend les ordres. Cette France-là n’est pas la France : elle est le contraire de la France. C’est pourquoi au lieu de se vanter de voter pour la dynastie Le Pen, ces gens-là, pour la plupart, se cachent (tous dans mon village, où aucun des 33 n’a jamais eu le courage de se dévoiler) : parce qu’ils savent bien au fond d’eux qu’ils sont la honte de la France.

    Cette France-là n’est pas non plus la France qui a peur. C’est, au contraire, la France qui se délecte de faire peur, tapie comme une bête sauvage dans la nuit de la raison, et qui savoure le plaisir toujours plus grand d’être notre pire cauchemar. Cette France-là, c’est la France des lâches qui nous saluent masqués. C’est la France de ceux qui, en réalité, détestent la France, comme ils maudissent plus encore l’humanité jusqu’à eux-mêmes et qui n’affrontent pas plus les miroirs que le regard de leurs voisins. J’ai désormais 33 voisins masqués dans mon petit village, trois fois plus que la dernière fois. Et je ne sais toujours pas lesquels.

    Y.Y.


    P.J. : il y a dix ans exactement, j’avais écrit ce poème :

    21 avril 2002 : SOIR DE PEN

    La fumée d’une clope embrume le décompte...

    Apparaît un cyclope, accueilli dans la honte :

    Le citoyen zappeur a choisi la charogne,

    Jouant à se faire peur. La République est borgne.

    Revoilà le bûcher, la censure et la chasse

    A l’humain, les bouchers, la tonsure et le gaz !

    Et du fiel à la terre, et d’Orange à Dachau,

    Revoilà les charters, revoilà les fachos.

    La flamme en métastase et la feuille de chêne

    Se propagent et s’embrasent, et les fous se déchaînent :

    Chaque chaîne étoffée de vainqueurs frénétiques

    Devient autodafé sous le feu médiatique.

    Les hurlements haineux des joyeux lycanthropes

    Et leurs crocs vénéneux au poison misanthrope

    Rassemblent les mesquins, les frustrés, les jaloux,

    Dans le vote arlequin livrant la terre aux loups.

    Qui est roi au pays des aveugles penauds ?

    Quel imposteur haï séduit les nationaux ?

    Quel faux républicain pourrait un jour frapper

    Nos frères africains ou sœurs émancipées ?

    Contre ses bruns desseins et sa rage opaline,

    Y a-t-il un vieux vaccin, une Pen-icilline ?

    Et s’il est déjà tard, au moins un antidote

    Pour sauver les bâtards de sa race pâlotte ?

    Le peine-à-jouir menace amour et liberté,

    Et la fièvre en rosace espère en sa montée

    L’avènement ultime où la loi intégriste

    Règlera l’ordre intime en s’affirmant du Christ.

    Hantise et pénitence animent les esprits.

    La rue en résistance exprime son mépris.

    Ce soir, la France en Pen s’écrit, dans son errance,

    Avec un grand F-haine et l’affront du mot « rance ».

    Y.Y.


    7 avril 2012

    Le numéro d’avril de Siné-Mensuel vient de paraître (vous pouvez m’y lire pages 14 et 23-24). Voici la une :

    http://www.sinemensuel.com


    On a également chanté nos adieux à Merkozy :

    (je suis au fond à gauche, à côté de Benoit Delepine du Groland)


    MARS 2012

    Au sommaire :

    1) "GRÈCE GÉNÉRALE" court métrage réalisé par Réjane Tremel et Samuel Wahl de l’atelier "Vive la crise ?"

    2) SOLIDARITÉ AVEC LE PEUPLE GREC : prochaines rencontres-débats (mars 2012)


    1) "GRÈCE GÉNÉRALE" court métrage réalisé par Réjane TREMEL et Samuel WAHL, avec le concours de Isabelle SYLVESTRE et Pascal COLRAT dans le cadre de l’atelier "Vive la crise ?" (2-3-4 mars 2012).

    Textes : Raoul VANEIGEM, Y.Y., Stathis KOUVELAKIS et Serge PEY.

    Musiques : TA LIMANIA XENA, Mikis THÉODORAKIS (gazé à bout portant le 13 février).

    Réjane et Isabelle m’ont tout d’abord contacté pour que je leur envoie un enregistrement sonore du texte que j’avais écrit quelques jours auparavant avec Raoul VANEIGEM : "La Grèce berceau d’un autre monde" (Libération, 22 février) et leur confier des photos du livre "Paroles de murs athéniens" (Éditions Libertaires, janvier 2012). Lisa, ma fille de 18 ans, a également donné sa voix pour présenter la version grecque du poème hommage de Serge PEY à Mikis THÉODORAKIS qu’elle avait elle-même traduit à la demande de l’ami Serge et que nous avions envoyé au compositeur de "Z" et de "Zorba le Grec", très touché. Au final, la découverte de l’ensemble m’a d’autant plus ému que Réjane et Samuel ont dédié leur création à ma fille Lisa et, à travers elle, à la jeunesse grecque qui souffre et qui lutte. Merci pour elle, pour eux.


    2) SOLIDARITÉ AVEC LE PEUPLE GREC - MARS 2012

    Prochaines rencontres-débats (entrée toujours libre) :

    - VENDREDI 9 MARS : PARIS XI°

    19H30 Librairie du Monde Libertaire - 145, rue Amelot (org Publico/FA)

    http://www.librairie-publico.com/sp...

    - WEEK-END 9-10-11 MARS : TOULOUSE

    Occupy Toulouse : trois jours pour la convergence des luttes

    dont un concert de l’excellent groupe de rébétiko "Ta Limania Xena" (musique de "GRÈCE GÉNÉRALE") le samedi à 19h à Mix’art - 12, rue Lassalle (org Indigné-e-s de Toulouse)

    http://prends-ta-place.fr/

    - LUNDI 12 MARS : PARIS VIII°

    19H Café L’Oiseau blanc - 17, rue de Rome - Métro Saint-Lazare (org Indigné-e-s de Paris/Démocratie Réelle Maintenant)

    http://paris.reelledemocratie.net/n...

    - JEUDI 15 MARS : MONTPELLIER

    20H30 Centre Ascaso Durruti - 6, rue Henri René (co-org FA/Centre Ascaso Durruti)

    http://www.millebabords.org/spip.ph...

    - VENDREDI 16 MARS : UZÈS

    19H - 1, avenue maréchal Foch (co-org FA/ATTAC Uzège)

    http://millebabords.org/spip.php?ar...

    - SAMEDI 17 MARS : NÎMES

    15H Centre Pablo Neruda - 1, place Hubert Rouger (co-org FA/Indigné-e-s de Nîmes)

    http://democratie-reelle-nimes.over...

    - SAMEDI 17 MARS : VIEUSSAN

    18H30 salle de la mairie (org CNT Olargues)

    Projection-témoignage-débat autour du documentaire "Les raisons de la colère"

    - SAMEDI 24 MARS : REVEL

    10H à 12H15 Librairie du Beffroi, bordant le marché couvert et la terrasse du café des Arcades

    http://youlountas.net

    - VENDREDI 30 MARS : ST-PONS DE THOMIÈRES

    18H30 salle sous la mairie (org CNT Olargues)

    Projection-témoignage-débat autour du documentaire "Les raisons de la colère"

    Proverbe Grec du mois de mars : "Quand le peuple s’autogère de Crète en Thessalie, les géants au pouvoir redeviennent petits."

    Post-scriptum : non, je ne serai pas au Salon du Livre de Paris, mi-mars. Je n’y suis d’ailleurs jamais allé. Je préfère les rencontres moins commerciales, plus conviviales, porteuses de sens et à échelle humaine, comme le SL de Gaillac, le SL Anarphabète de Toulouse ou encore le SL libertaire de Paris. Libre à mes confrères d’aller parader au concours de grimaces annuel du grand zoo national.

    La Grèce, berceau d’un autre monde

    Pour un soutien au combat du peuple grec et pour une libération immédiate des manifestants emprisonnés

    Non, bien que dramatique, ce qui se déroule en Grèce n’est pas une catastrophe. C’est même une chance. Car le pouvoir de l’argent a, pour la première fois, dépassé allègrement le rythme jusque-là progressif, méticuleux et savamment organisé de la destruction du bien public et de la dignité humaine. Et ce, sur une terre aussi réputée pour sa philosophie de vie aux antipodes du modèle anglo-saxon que pour sa résistance inlassable aux multiples oppressions qui ont tenté de la mettre au pas. Le Grec ne danse pas et ne dansera jamais au pas de l’oie ni en courbant l’échine, quels que soient les régimes qu’on lui impose. Il danse en levant les bras comme pour s’envoler vers les étoiles. Il écrit sur les murs ce qu’il aimerait lire ailleurs. Il brûle une banque quand elle ne lui laisse plus les moyens de faire ses traditionnelles grillades. Le Grec est aussi vivant que l’idéologie qui le menace est mortifère. Et le Grec, même roué de coups, finit toujours par se relever.

    Oui, l’Europe de la finance a voulu faire un exemple. Mais dans sa hargne à frapper le pays qui lui semblait le plus faible dans la zone Euro, dans sa violence démesurée, son masque est tombé. C’est maintenant, plus que jamais, le moment de montrer du doigt à tous son vrai visage : celui du totalitarisme. Car il s’agit bien de cela. Et il n’y a qu’une seule réponse au totalitarisme : la lutte, tenace et sans concession, jusqu’au combat s’il le faut, puisque l’existence même est en jeu. Nous avons un monde, une vie, des valeurs à défendre. Partout dans les rues, ce sont nos frères, nos sœurs, nos enfants, nos parents, qui sont frappés sous nos yeux, même éloignés. Nous avons faim, froid, mal avec eux. Tous les coups qui sont portés nous blessent également. Chaque enfant grec qui s’évanouit dans sa cour d’école nous appelle à l’indignation et à la révolte. Pour les Grecs, l’heure est venue de dire non, et pour nous tous de les soutenir.

    Car la Grèce est aujourd’hui à la pointe du combat contre le totalitarisme financier qui partout dans le monde détruit le bien public, menace la survie quotidienne, propage le désespoir, la peur et la crétinisation d’une guerre de tous contre tous. Au-delà d’une colère émotionnelle qui se défoule en détruisant des symboles d’oppression se développe une colère lucide, celle de résistants qui refusent de se laisser déposséder de leur propre vie au profit des mafias bancaires et de leur logique de l’argent fou. Avec les assemblées de démocratie directe, la désobéissance civile, le mouvement « Ne payons plus » et les premières expériences d’autogestion, une nouvelle Grèce est en train de naître, qui rejette la tyrannie marchande au nom de l’humain. Nous ignorons combien de temps il faudra pour que les peuples se libèrent de leur servitude volontaire mais il est sûr que, face au ridicule du clientélisme politique, aux démocraties corrompues et au cynisme grotesque de l’Etat bankster, nous n’aurons que le choix – à l’encontre de tout affairisme – de faire nos affaires nous-mêmes.

    La Grèce est notre passé. Elle est aussi notre avenir. Réinventons-le avec elle !

    En 2012, soyons tous Grecs !

    Raoul Vaneigem et Yannis Youlountas

    Tribune initialement parue en français dans le quotidien Libération du 20 février 2012 et dans le bimestriel L’altermondialiste, puis en grec dans le journal des insurgés Babylonia. (Raoul me signale d’autres diffusions imprévues, de par le monde, comme en espagnol au Mexique, en iranien, ou encore en anglais chez les Occupy de Wall Street...)

    Ελλάδα, λίκνο ένος άλλου κόσμου

    Για την υποστήριξη του Αγώνα του ελληνικού λαού και για την άμεση απελευθέρωση των φυλακισμένων διαδηλωτών

    Όχι, αν και δραματικό, αυτό που συμβαίνει στην Ελλάδα δεν είναι μια καταστροφή. Είναι ακόμη και μια ευκαιρία. Γιατί η δύναμη του χρήματος έχει, για πρώτη φορά, υπερβεί τον μέχρι τώρα σταδιακό, σχολαστικό και προσεκτικά οργανωμένο ρυθμό της κατεδάφισης της δημόσιας περιουσίας και της ανθρώπινης αξιοπρέπειας. Και αυτά, σε μια χώρα τόσο διάσημη για τη φιλοσοφία της ζωής σε πλήρη αντίθεση με το αγγλοσαξονικό μοντέλο, αλλά και για την ακούραστη αντοχή της σε πολλαπλές μορφές καταπίεσης που προσπάθησαν να την φέρουν στα γόνατα της. Ο Έλληνας δεν χορεύει και δεν θα χορέψει ποτέ με σκυμένο το κεφάλι και τα χέρια, ανεξάρτητα από τα καθεστώτα που του επιβάλλουν. Χορεύει με τα χέρια του ψηλά, σαν να θέλει να πετάξει προς τα αστέρια. Γράφει στους τοίχους ότι θα ήθελε να διαβάσει αλλού. Καίει μια τράπεζα όταν δεν του αφήνει πλέον την πολυτέλεια να κάνει το παραδοσιακό μπάρμπεκιου του. Ο Έλληνας είναι όσο ζωντανός όσο η ιδεολογία που τον απειλεί είναι θανάσιμη. Και ο Έλληνας όσο και να τον βασανίζουν, πάντα θα ξανασηκωθεί.

    Ναι, η Ευρώπη του χρήματος ήθελε να δώσει ένα παράδειγμα. Αλλά πάνω στην επιθετικότητα της να χτυπήσει τη χώρα που της φαινόταν η πιο αδύναμη στην ευρωζώνη, πάνω στην υπερβολική βία, η μάσκα της έπεσε. Είναι τώρα, περισσότερο από ποτέ, ο χρόνος να δείξουμε σε όλους το πραγματικό της πρόσωπο : εκείνο της δικτατορίας. Γιατί για αυτό πρόκειται πραγματικά. Και υπάρχει μόνο μία απάντηση στη δικτατορία : η καταπολέμηση, σκληρή και ανυποχώρητη, ακόμα και μάχη εάν είναι απαραίτητο, δεδομένου ότι η ίδια η ύπαρξη διακυβεύεται. Έχουμε ένα κόσμο, μία ζωή και αξίες να υπερασπιστούμε. Παντού στους δρόμους, είναι τα αδέλφια μας, οι αδελφές μας, τα παιδιά μας, οι γονείς μας, οι οποίοι πληγώνονται μπροστά στα μάτια μας, ακόμα και από μακριά. Είμαστε πεινασμένοι, κρυώνουμε, πονάμε μαζί τους. Όλα τα χτυπήματα που έχουν δοθεί μας πληγώνουν και εμάς. Κάθε ελληνικό παιδί που λιποθυμά στο σχολείο του απαιτεί την αγανάκτηση και την εξέγερση. Για τους Έλληνες, ήρθε καιρός να πούνε ξανά όχι, και για όλους μας να τους υποστηρίξουμε.

    Επειδή η Ελλάδα βρίσκεται τώρα στην πρώτη σειρά του αγώνα κατά της οικονομικής δικτατορίας, που σε όλο τον κόσμο, καταστρέφει την δημόσια περιουσία, απειλεί την καθημερινή επιβίωση, διαδίδει την απόγνωση, τον φόβο και τη γελοιοπήση ενός πόλεμου στον οποίο όλοι είναι εναντίον όλων. Πέρα από εναν συναισθηματικό θυμό που ξεσπάει με την καταστροφή των συμβόλων της καταπίεσης, αναπτύσσεται ένας διαυγής θυμός, εκείνος των αγωνιστών που αρνούνται να στερηθούν την ίδια τους τη ζωή προς όφελος της τραπεζικής μαφίας και της λογικής των τρελών χρημάτων τους. Με τις συνελεύσεις της άμεσης δημοκρατίας, την ανυπακοή των πολιτών, το κίνημα "Δεν πληρώνουμε !" και οι πρώτες εμπειρίες αυτοοργάνωσης, μια νέα Ελλάδα αναδύεται, η οποία απορρίπτει την τυραννία της αγοράς στο όνομα του ανθρώπου. Δεν ξέρουμε πόσο καιρό θα πάρει για τους ανθρώπους να απελευθερωθούν από την εθελοντική δουλεία τους, αλλά είναι βέβαιο ότι, απέναντι στη γελοία πολιτική διαπραγμάτευση, στη διαφθορά της δημοκρατίας και στον τραγελαφικό κυνισμό της τραπεζικής πολιτείας, έχουμε μόνο την επιλογή – κόντρα στη κερδοσκοπία – να δραστηριοποιηθούμε.

    Η Ελλάδα είναι το παρελθόν μας. Είναι επίσης το μέλλον μας. Ας το δημιουργήσουμε ξανά μαζί της !

    Το 2012, ας γίνουμε όλοι Έλληνες !

    Ραούλ Βανεγκέμ και Γιάννης Γιουλούντας


    FEVRIER 2012

    Bonjour à tou-te-s, καλημέρα σας !

    Comme vous l’avez peut-être remarqué, je ne m’exprime pas souvent sur « la toile », mais en ces heures glaciales, je me suis dit que ce qui suit pouvait réchauffer le cœur, aider à garder la pêche, informer autrement, faire rire un bon coup et même, qui sait, encourager à lutter...

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    Au sommaire :

    1) le nouveau Siné-Mensuel (sans doute la meilleure cuvée depuis les premières vendanges !) ;

    2) un livre sur la résistance grecque actuelle (rarement évoquée par nos médias industriels, qui préfèrent parler de la neige, des sondages ou du recrutement du PSG) ;

    3) un livre sur la résignation française (critique humoristique du discours dominant, et on va plus que jamais y avoir droit jusqu’au 6 mai prochain) ;

    4) quelques rencontres si ça vous dit qu’on en discute de vive voix...

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    1) Bon, bref, d’abord, le sixième Siné-Mensuel (février 2012) vient de paraître. Il serait criminel de le rater : votre grand-mère est à deux doigts d’abjurer son sarkozysme passé de mode !

    Dans ce canard déchainé, à pisser de rire, seules les pages 14 (Chronique En direct d’Athènes) et 24 (fiche-conseil Débranchez tout !) sont, je le reconnais, à chier !

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    2) Premier livre de circonstance. Un témoignage des luttes et des utopies dans une Grèce au bord de l’insurrection :

    Paroles de murs athéniens

    Yannis YOULOUNTAS, en quadrichromie sur papier glacé recyclé 170g, 13€

    ISBN : 978-2-919568-15-4 (janvier 2012, Collection Paroles animée par Franck Thiriot).

    Imprimé par la Société Coopérative Ouvrière de Production Imprimerie 34 pour Les Éditions Libertaires.

    Disponible en librairie ou directement sur le site des Éditions Libertaires : http://editions-libertaires.org/?p=364

    La Grèce actuelle vue du côté de ceux qui luttent. Un hommage aux insurgés, à leur audace, à leurs utopies. Un témoignage de solidarité. Des photos pour ressentir, des textes traduits pour comprendre, des citations pour renforcer la perspective. Yannis a suivi l’ensemble des événements depuis les premières grandes émeutes de décembre 2008, muni de son appareil photo et de sa plume, aux côtés des animateurs du mouvement.

    La Grèce est notre passé. Elle est aussi notre avenir...

    « Les forces vives du monde entier s’éveillent d’un long sommeil. La Grèce est au centre de cette violence d’un monde à créer, appelée à supplanter la violence absurde d’un monde fasciné par le progrès de son autodestruction. »

    Raoul VANEIGEM, janvier 2012

    Vidéo de présentation du livre et de la situation explosive à Athènes :

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    3) Deuxième livre de circonstance. Une critique humoristique du discours dominant dans une France abrutie par le marketing politique et commercial :

    Derrière les mots

    Yannis YOULOUNTAS, couverture SINÉ, 10€

    ISBN : 978-2-919568-10-9 (octobre 2011)

    Imprimé par la Société Coopérative Ouvrière de Production Imprimerie 34 pour Les Éditions Libertaires.

    Disponible en librairie ou directement sur le site des Éditions Libertaires :

    http://editions-libertaires.org/?p=291

    MOT : Le mot servait autrefois à identifier précisément une chose ou une idée. Aujourd’hui, c’est souvent le contraire. Sous l’influence du marketing politique et commercial, le mot sert surtout à ne pas nommer ce qu’est vraiment l’idée ou réellement la chose, à détourner l’attention, à recycler et à valoriser le pire, le sous-jacent, l’innommable. D’où l’impérieuse nécessité d’aller voir – sérieusement ou pas – derrière les mots.

    « Notre collaborateur est allé se balader derrière les mots pour en dénicher un sens qu’on préfère nous cacher : hilarant ! »

    SINÉ-MENSUEL, décembre 2011

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    4) quelques rencontres si ça vous dit qu’on en discute de vive voix...

    Vendredi 3 FÉVRIER 2012 à LAUTREC (81)

    21h Rencontre-débat

    DERRIÈRE LES MOTS :

    UNE CRITIQUE DU DISCOURS

    DOMINANT

    Café-Plùm (café / librairie / arts vivants)

    rue de Lengouzy

    Repas possible en présence de l’intervenant

    à partir de 19h30, sur réservation au

    05 63 70 83 30.

    Organisation Café-Plùm

    lautrec.plum[at]gmail.com

    www.cafeplum.org

    Entrée libre

    Samedi 4 FÉVRIER 2012 à MARSEILLE

    16h-18h Débat de la fête

    "On lâche rien" de SUD-Solidaires

    CRISE, DETTE, AUSTÉRITÉ :

    ANALYSE, PERSPECTIVES,

    SOLIDARITÉS INTERNATIONALES

    avec Annick COUPÉ (porte-parole nationale de Solidaires), Thi Trin LECURE (membre du secrétariat national de Solidaires), Yannis YOULOUNTAS (écrivain franco-grec, corres- pondant de Siné-Mensuel à Athènes), un responsable syndical Tunisien et des représentants de plusieurs mouvements internationaux d’Indignés...

    Docks des Suds - 12, rue Urbain V (deuxième arrondissement)

    À partir de 14h : forum associatif, buvette, stands, coin enfants, expos, vidéos, concerts...

    Organisation Solidaires 13

    www.solidaires13.net

    Ouvert à tous

    Mardi 7 FÉVRIER 2012 à CASTRES (81)

    20h Café-philo (critique et humoristique)

    LA PHILOSOPHIE FLATTE-T-ELLE NOTRE EGO ? Une présentation satirique de la philosophie et des philosophes con- temporains !

    Café des Arts - 5,rue Victor Hugo

    Organisation Castres-Agora - Entrée libre

    À ce propos, si vous êtes aux alentours de Castres, je vous recommande vivement le choix de bouquins et l’exposition de la Médiathèque de Mazamet (jusqu’au 11 février), notamment sur la philosophie pour enfants : rare, trop rare et vraiment chouette ! La semaine dernière, les goûters-philo (avec des classes de CE1 et CE2) ont porté sur "Pourquoi on aime ?", "Comment naissent les disputes ?" et "L’homme est-il un animal comme les autres ?" (sujets choisis par les élèves).

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    Bon, voilà. Ça suffit pour cette fois. C’est déjà beaucoup et même trop. Je la remets en veilleuse et vous salue bien fraternellement !

    Amitiés belles et rebelles, τα λέμε σύντομα !

    Yannis / Γιάννης

    - - - - - - -

    Tél. : 06 24 06 67 98.

    Nouvel email : yannis.youlountas[at]gmail.com (wanadoo/orange ayant fini en punch).

    Facebook : error 404, voir entrée du même nom dans Derrière les mots.

    Devise athénienne pour le mois de février 2012 :

    « si tu n’as pas la chance d’avoir une cheminée

    pour allumer un bon feu,

    réchauffe-toi près d’une banque. »



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